dimanche 10 janvier 2010

-9 degrés celsius, nuageux

Partir en voyage durant six mois, ça veut aussi dire revenir. On s'y préparait depuis dejà quelques semaines, mais on n'est jamais assez prêt pour sauter dans la réalité après 180 jours à vivre dans un roman de Stevenson.

Après trente heures à se trimballer de taxis en aéroports, d'aéroports en avions et d'avions en douanes, nous sommes finalement arrivés à Montréal. Notre famille et nos amis nous attendait avec plein de belles surprises, nous étions étrangement en forme et très heureux d' avoir réussi à traverser l'aventure sans fouille corporelle ou matérielle.

Et puis, il a fait froid.

J'ai cru que je n'y arriverais pas lorsque ma soeur cherchait en vain sa nouvelle voiture dans le parking de l'aéroport et que je sautillais sur place afin de rétablir ma circulation sanguine. J'ai cru que mes pieds ne me le pardonneraient jamais lorsque je les ai étouffés dans mes bottes Sorel pour une marche dans la neige des Laurentides. J'ai cru que mon estomac se rebellerait à la simple vue de toute cette bouffe grasse, sucrée et copieuse du temps des Fêtes. J'ai bien eu quelques vertiges en entrant dans le Costco, j'ai fait quelques ampoules dans mes bottes à talons hauts, j'ai eu un peu mal au coeur à mon quarantième morceau de tarte au sucre, mais globalement, ça s'est bien passé.

Je suis de retour dans mon appartement. Mon chat a doublé de volume. Mes photos sont toutes dans mon ordinateur. J'ai rangé mon sac à dos dans la garde-robe du bureau. Je me suis remise à cuisiner. Je n'ai pas encore de job. Et j'ai recommencé à faire des projets. Des tonnes de projets de fous afin que ma vie, même les deux pieds dans la neige, continue à être aussi essoufflante et vibrante qu'un roman de Stevenson. Au fond, ça sert à quoi la réalité?

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