Il y a des rencontres qui peuvent changer le cour d'un voyage, surtout si le-dit voyage manque cruellement d'organisation. Lorsque nous avons rencontre Mathias au parc de Mulu, il projetait de grimper le mont Kinabalu une semaine plus tard. Il nous a convaincu de l'accompagner sans meme essaer, simplement en nous expliquant ce qui, lui, le motivait a faire cette montee.
Quelques jours plus tard, on se retrouvait donc a reserver nos lits dans un refuge a flan de montagne, a magasiner des gants, des lampes frontales et des gros chandails et a se demander si, finalement, c'etait une si bonne idee que ca de se laisser influencer par un parisien un peu fou... Il etait trop tard pour reculer!
L'aventure fut la suivante:
Apres une nuit au pied de la montagne, on a pris un guide, notre lunch, des vetements chauds et un poncho contre la pluie qui tombait deja pour attaquer la montee du Kinabalu. La premiere journee nous reservait 6km de marche avec un terrain qui monte 99% du temps, nous faisant passer de 1800 metres au-dessus du niveau de la mer a 3272 metres. Comme on est jeune et en forme, la montee devait nous prendre entre quatre et cinq heures. Sauf que...
Apres les premiers 500 m, on gambait tous comme des gazelles.
Apres le premier km, j'ai commence a voir quelques nausees et le guide m'a conseille de ralentir le rythme. Je me demandais deja si c'etait une si bonne idee.
Au deuxieme km je ne me sentais franchement pas bien et je realisais, a mon grand desespoir, que j'ai le mal de l'altitude.
Avant le troisieme km je me forcais a manger un sandwich degueulasse qui signait, sans que je le sache alors, mon arret de mort.
Un peu avant la moitie du parcours, je m'etais deja fait attribuer le surnom de "la fille qui vomit".
Au bout de quatre km, pliee en deux au-dessus d'une vue superbe je pleurais en disant a Louis que je voulais rentrer.
Au bout de 5 km, je m'asseyais a tous les trois pas pour calmer la nausee.
A 5.5km je maudissais Mathias en degobillant a cote d'une superbe plante carnivore.
A 5.8 km, je gemissais pour qu'on m'envoie un helicoptere.
A 6 km, je pleurais de joie, de froid, de fierte et de rage contre mon orgueil. Sous une pluie glacee, avec des vomissements intermittents et des nausees constantes, j'ai franchi les 6 km qui separait le bas du mont Kinabalu et Laban Rata, le refuge a 3272m, en sept heures. C'etait horrible, douloureux et je ne le referais jamais, mais j'avoue avoir eprouvee une fierte incroyable en arrivant au camp.
Apres un souper chaud et quelques thes pour me remettre du frois, nous sommes alles nous coucher a 20h00 parce que, pour les garcons, l'aventure n'etait pas terminee. A 2h00 du matin, je me suis levee avec Louis et Mathias pour les encourager dans cette deuxieme partie du parcours. Apres un dejeuner ultra matinal, je les ai laisse aller conquerir les 2.5 km qu'ils devaient gravir dans le roid polair et l'obscurite pour atteindre le sommet avant le lever du soleil... et je suis allee me recoucher.
Je me suis reveillee juste a temps pour voir l'aube rose se lever sur les montagnes alentours, plongeant le mont Kinabalu d'une douce lumiere glacee. Le paysage a couper le souffle et la tranquilite du moment valait la cruelle montee. Puis, vers 8h00, j'ai accueilli mes heros qui revenaient congeles de leur quete, me raportant de magnifiques photos (a venir promis) et quelques recits amusants (comme celui de Mathias tentant de se rechauffer en se roulant en boule contre un rocher). Un peu decuee de n'avoir pu atteindre le sommet (mais toujours prise de nausees sporadiques) j'etais pourtant bien heureuse d'avoir echappe au froid intense.
Et puis, apres un deuxieme dejeuner et une petite sieste, nous avons entame la descente qui devait me delivrer de mes malaises. J'ai litteralement gambader durant trois heures, profitant du retour de l'oxygene qui me redonnait de plus en plus de force a chaque metre que je descendais. J'ai pu profiter e la vue, de la compagnie des garcons et de l'adrenaline d'un effort physique soutenu.
Et les jours suivants... ils tenterent de se remettre de leurs emotions et eurent mal aux jambes!
Prochaine destination: Nous sommes presentement aux source thermales pas loin de la montagne. Retour a Kota Kinabalu bientot, puis vol vers Kuala Lumpur pour une derniere semaine en Malaisie avant d'aller conquerir le Vietnam.
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Bonjour vous deux,
RépondreSupprimerLes aventures en montagne apportent toujours un grand sentiment de dépassement de sois. Et devant la montagne, vous avez fait preuve d'humilité pour assurer votre retour en sécurité. L'ascension est seulement la moitié du trajet....
Au plaisr,
DanP