Voyager durant six mois, c'est vivre son quotidien loin de ses habitudes, être déstabilisés plusieurs fois par jour, perdre ses repères et vivre des aventures plus souvent que lorsqu'on est à la maison. Pourtant, au fil des semaines, on finit par prendre certaines habitudes et par effectuer certaines petites tâches qui finissent par nous apparaître tout a fait normales même si elles pourraient sembler étrange à Montréal. Par exemple...
1. La corvée de papier de toilette: Le papier de toilette est ici une denrée rarissime. Lorsque, par une chance incroyable, la guest house dans laquelle nous logeons offre un rouleau du divin papier, nous nous empressons de refaire nos réserves dans nos "portes-papier-de-toilette-anti-destruction" achetés au Canadian Tire. Comme ça, nous avons toujours du papier propre et sec, peu importe dans quel galère on se trouve.
2. Le transvidage extrême: L'eau du robinet n'est pas potable ici, mais il fait très très chaud et nous buvons beaucoup beaucoup beaucoup d'eau. En bons petits écolos à la conscience pas trop tranquille que nous sommes, nous tentons toujours de réduire notre consommation de plastique. Pour ce faire nous achetons d'immenses bouteilles d'eau que nous transférons dans des bouteilles plus petites que l'on réutilise à plusieurs reprises. Comme nos sacs ne sont pas munis d'entonnoirs d'urgence nous avons développé un système super efficace et juste un peu pas pratique. Nous utilisons un grand sac Ziploc dont on a coupé un coin que nous insérons dans la plus petite bouteille. Je tiens la petite bouteille entre mes jambes et le Ziploc bien ouvert et Louis verse l'eau de la giga bouteille dans notre entonnoir de fortune. Plaisir garanti et dégât presque assuré.
3. Le départ à l'aventure: Changement de ville est synonyme de départ, de nouvelle aventure et de ménage du sac. À chaque départ, on sort tout ce qu'on a dans notre sac, on tri le bazar, on roule les vêtements, on essaie d'équilibrer les charges dans notre sac et on ferme tout ça pour partir vers une nouvelle destination. Et bien entendu, chaque voyage en autobus brasse juste assez nos sacs pour que le bordel reprenne sa forme initiale dès notre arrivée à destination.
4. La coiffure aveugle: Lorsqu'il n'y a pas de miroir dans notre chambre (ce qui arrive plutôt fréquemment) la coiffure devient pour moi un problème de taille. J'ai bien demandé à Louis de m'aider, mais lorsque je croisais une glace dans un restaurant, le cœur m'arrêtait de battre un instant. J'ai donc trouvé une bien meilleure méthode. J'utilise l'appareil photo! Je prends une photo, je place une couette. Je prends une autre photo, je place une autre couette, jusqu'à ce que le résultat ne semble pas trop mal. J'ai même poussé l'audace jusqu'à effectuer une coupe de cheveux (pas super réussie, je l'avoue) grâce à cette technique!
5. La pyramide électrique: Le Canada, la Belgique, la Thaïlande, le Laos et maintenant la Malaisie, tous ces pays ont des prises de courant différentes. Comme tous nos appareils sont canadiens, on s'est équipé d'un adaptateur. Arrivés en Thaïlande on a réalisé qu'il nous fallait aussi un transformateur. Et comme les prises de courant sont souvent en haut des murs (child proof peut-être?) on s'est aussi greyé d'une rallonge pour accrocher tout ça. Lorsque Louis doit se raser les cheveux, il n'est pas rare qu'il doive tenir une installation électrique précaire pendant que je lui travaille la coiffure. Je vous laisse imaginer la scène...
Toutes ces petites choses font partie de notre quotidien, mais nous font encore bien rigoler.
lundi 31 août 2009
jeudi 27 août 2009
Si pres, si loin
En arrivant à Kuala Lumpur, je suis déstabilisée. En moi, les émotions contraires se rencontrent et s'affrontent. C'est le bout du monde, dans toute sa splendeur. L'appel à la prière se mélange à la musique pop indienne. L'odeur du cumin flotte entre celle des samosas qui sortent du four, celle des soupes de pieds de poulet qui mijotent et celle de l'encens qui brule entre les commerces. Les femmes en sari croisent celles en hidjabs. Alors que des hommes en jeans Diesel et chemises Armani rencontrent ceux en djellabah. Kuala Lumpur, c'est les vendeurs de fleurs de soie de la Little India, les marchands de DVD pirates du Chinatown, les milliers de boutiques d'informatique du centre-ville, le jardin de papillons du Lake Garden, les tours Petronas qui surplombent la ville... bref, c'est dépaysant pas a peu prés.
Et pourtant... par sa taille, son énergie, sa circulation pas si dingue pour une métropole, sa diversité, sa scène culturelle vibrante, ses modes qui se rencontrent, son centre-ville qui bat à toute vitesse, ses McDo et ses Starbucks, ses grands hôtels et ses petits cafés, Kuala Lumpur me fait drôlement penser à ... Montréal!
Je me sens ici si loin de la maison, si dépaysée et, en même temps, confortable, stimulée, près de l'énergie que je trouve dans ma ville. J'ai trouvé ici deux choses dont je m'ennuyais depuis mes deux mois au bout du monde: des jeans et du fromage. Kuala Lumpur est vraiment une ville étonnante, que l'on découvre peu à peu, avec un plaisir grandissant. Et j'ai l'impression que je suis mieux de m'habituer a être déstabilisée, parce que la Malaisie ne semble pas être au bout de ses surprises!
Et pourtant... par sa taille, son énergie, sa circulation pas si dingue pour une métropole, sa diversité, sa scène culturelle vibrante, ses modes qui se rencontrent, son centre-ville qui bat à toute vitesse, ses McDo et ses Starbucks, ses grands hôtels et ses petits cafés, Kuala Lumpur me fait drôlement penser à ... Montréal!
Je me sens ici si loin de la maison, si dépaysée et, en même temps, confortable, stimulée, près de l'énergie que je trouve dans ma ville. J'ai trouvé ici deux choses dont je m'ennuyais depuis mes deux mois au bout du monde: des jeans et du fromage. Kuala Lumpur est vraiment une ville étonnante, que l'on découvre peu à peu, avec un plaisir grandissant. Et j'ai l'impression que je suis mieux de m'habituer a être déstabilisée, parce que la Malaisie ne semble pas être au bout de ses surprises!
samedi 22 août 2009
Periple dans le nord
Voilà que notre passage au Laos tire à sa fin. Après avoir goûté la fade Vientiane, la très touristique Vang Vieng, la charismatique Luang Prabang et la chargée d'histoire Phonsavanh, nous nous sommes enfoncés dans le nord du Laos. En partant de Phonsavanh vers Sam Neua, nous ne savions pas très bien ce que nous trouverions dans cette partie moins fréquentée du Laos. On nous avait parlé de glissements de terrain sur des routes barrées, de cavernes, de paysages fabuleux et de Laos sympathiques. Sauf les routes barrées, tout le reste était plutôt réaliste.
Nous avons traversé des routes sinueuses et fabuleuses à pas de tortue dans des autobus bondés des années 70 ou dans des pick up encore plus bondés (celui qui nous aura ramenés à Luang Prabang contenait 25 personnes, une moto, des canetons et plusieurs poches de riz). Nous avons exploré des cavernes utilisées comme salles de réunion et lieux d'habitation durant la Guerre Secrète. Nous avons marché et pédalé dans les plus beaux paysages que j'ai vu de toute ma courte vie: montagnes avec la tête dans les nuages, falaises escarpées, rivières et chutes aux eaux rafraichissantes, villages aux enfants qui font bonjour lorsqu'on arrive, etc. Et nous avons rencontré des gens supers. De Samantha, l'Américaine qui aura servi d'interprète à Sam Neua parce qu'elle parlait lao jusqu'à O (tout le monde a un surnom ici) la jeune Lao qui ne parlait que quelques mots d'anglais, mais avec qui nous avons bu quelques bières devant son magasin, en passant par Paul l'Américain établit au Laos depuis 9 ans qui nous a introduit a O et a Noi, biologiste passionné des aires protégées du Laos et avec qui nous avons partagé un repas délicieux. Et il ne faudrait pas oublier les petits garçons avec qui nous avons joué a la guerre (pas très éthique, mais international) au pied d'une chute...
De retour é Luang Prabang, nous profiterons de notre dernière journée sans transport en sol lao pour faire un trek et ainsi garder en mémoire les majestueux paysages du Laos.
mardi 11 août 2009
Un morceau d'histoire peu connu
De 1964 à 1973, le Laos a subi des bombardements massifs issus d'avions américains. Ce sont des bombes à fragmentation contenant chacune des milliers de petites bombes de la grosseur d'une orange (appelées ici bombies) qui ont été larguées sur le Nord-Est et le Sud du pays. Le bombardement du Laos dépasse, en quantité de bombes larguées, ceux de l'Allemagne et du Japon réunis durant la Deuxième Guerre mondiale. On estime qu'une demi-tonne de bombes par habitant se serait abattue sur le pays. Dans ce massacre, des milliers de morts civils et des mutilations multiples ont certes pesé lourd sur le peuple lao, mais ce sont surtout les 30% de bombes non-explosées (UXO) qui hantent les Laos et les maintiennent dans un climat de peur latente. La "Guerre Secrète" comme on a appelé ces bombardements, a laissé dans les champs, les forêts, les montagnes, les villages et les villes des milliers de bombies qui n'attendent que d'être heurtées, secouées ou lancées pour exploser au visage du téméraire qui voudra en vendre le métal ou du malchanceux qui retournait la terre pour y planter le riz.
Ce n'est pas un hasard si le Laos est un des pays les plus pauvre du monde. Les bombies enfouies dans le sol empêchent les fermiers de cultiver de nombreuses terres qui seraient, dans un autre contexte, fertiles et prolifiques et permettraient de nourrir plusieurs familles. La construction de routes et d'autres infrastructures devient aussi un réel calvaire pour ce pays où creuser un trou met en péril la vie de chacun.
Pourtant, il ne faut pas croire que le peuple lao soit résigné ou abattu. Avec l'aide de quelques pays (dont le Canada) le Laos fait la chasse aux bombies, les désamorce ou les fait exploser de façon sécuritaire et, surtout, surtout, éduque la population locale, en particulier les enfants, pour que personne d'autre que les équipes professionnelles ne touchent ces bombes. Car, rassurez-vous parents inquiets de nos pas dans ce pays, les bombies ne sont pas des mines anti-personnelles et il ne suffit pas de marcher sur l'une d'elles pour exploser. En fait, il faut qu'il y ait impact ou chaleur intense pour qu'elles soient déclenchées.
Prochaine destination: Sam Neua, dans le Nord du pays, afin d'aller visiter les grottes qui ont abrités les militaires laos durant cette guerre... eh oui, nous avons encore changé notre itinéraire. L'état des routes joue pour beaucoup dans le choix de nos destinations en ce moment.
Ce n'est pas un hasard si le Laos est un des pays les plus pauvre du monde. Les bombies enfouies dans le sol empêchent les fermiers de cultiver de nombreuses terres qui seraient, dans un autre contexte, fertiles et prolifiques et permettraient de nourrir plusieurs familles. La construction de routes et d'autres infrastructures devient aussi un réel calvaire pour ce pays où creuser un trou met en péril la vie de chacun.
Pourtant, il ne faut pas croire que le peuple lao soit résigné ou abattu. Avec l'aide de quelques pays (dont le Canada) le Laos fait la chasse aux bombies, les désamorce ou les fait exploser de façon sécuritaire et, surtout, surtout, éduque la population locale, en particulier les enfants, pour que personne d'autre que les équipes professionnelles ne touchent ces bombes. Car, rassurez-vous parents inquiets de nos pas dans ce pays, les bombies ne sont pas des mines anti-personnelles et il ne suffit pas de marcher sur l'une d'elles pour exploser. En fait, il faut qu'il y ait impact ou chaleur intense pour qu'elles soient déclenchées.
Prochaine destination: Sam Neua, dans le Nord du pays, afin d'aller visiter les grottes qui ont abrités les militaires laos durant cette guerre... eh oui, nous avons encore changé notre itinéraire. L'état des routes joue pour beaucoup dans le choix de nos destinations en ce moment.
mardi 4 août 2009
Luang Prabang
Luang Prabang est l'ancienne capitale du Laos, aujourd'hui remplacée par Vientiane au point de vue de l'État, mais loin devant en ce qui concerne le charme de l'endroit. Cette petite ville est encadrée d'un côté par le Mékong et de l'autre par une petite rivière qui se jette dans le fleuve à la pointe de la ville.
Luang Prabang est douce et tranquille, mais aussi vivante, pleine de galeries d'art, de restos aux menus variés, de marchands en tout genre, de spas et de temples. Il y fait chaud, très très chaud, au point où nous rêvons d'averses et de ciel gris. Mais nous avons aujourd'hui découvert une cascade limpide à quelques kilomètres de la ville et son eau glacée nous a été d'un grand secours pour nous rafraichir les idées.
Nous mangeons habituellement au marché de nuit, coloré et animé, qui offre des plats végétariens, des BBQ, des jus et des sandwiches tous délicieux à tout petit prix. Le temps passe doucement et j'essaie de bien profiter de chaque instants.
A bientôt!
Luang Prabang est douce et tranquille, mais aussi vivante, pleine de galeries d'art, de restos aux menus variés, de marchands en tout genre, de spas et de temples. Il y fait chaud, très très chaud, au point où nous rêvons d'averses et de ciel gris. Mais nous avons aujourd'hui découvert une cascade limpide à quelques kilomètres de la ville et son eau glacée nous a été d'un grand secours pour nous rafraichir les idées.
Nous mangeons habituellement au marché de nuit, coloré et animé, qui offre des plats végétariens, des BBQ, des jus et des sandwiches tous délicieux à tout petit prix. Le temps passe doucement et j'essaie de bien profiter de chaque instants.
A bientôt!
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Qui êtes-vous ?
- AmélieT
- Montréal, Québec, Canada
- Jeune maman de 30 ans, aux envies changeantes, aux passions multiples et aux trips intenses. Adore explorer le monde culinaire, culturel, politique et social à la recherche de nouveauté, de réflexions, de beauté et de questionnements.