samedi 17 octobre 2009

L'orgueil

Il y a des rencontres qui peuvent changer le cour d'un voyage, surtout si le-dit voyage manque cruellement d'organisation. Lorsque nous avons rencontre Mathias au parc de Mulu, il projetait de grimper le mont Kinabalu une semaine plus tard. Il nous a convaincu de l'accompagner sans meme essaer, simplement en nous expliquant ce qui, lui, le motivait a faire cette montee.

Quelques jours plus tard, on se retrouvait donc a reserver nos lits dans un refuge a flan de montagne, a magasiner des gants, des lampes frontales et des gros chandails et a se demander si, finalement, c'etait une si bonne idee que ca de se laisser influencer par un parisien un peu fou... Il etait trop tard pour reculer!

L'aventure fut la suivante:
Apres une nuit au pied de la montagne, on a pris un guide, notre lunch, des vetements chauds et un poncho contre la pluie qui tombait deja pour attaquer la montee du Kinabalu. La premiere journee nous reservait 6km de marche avec un terrain qui monte 99% du temps, nous faisant passer de 1800 metres au-dessus du niveau de la mer a 3272 metres. Comme on est jeune et en forme, la montee devait nous prendre entre quatre et cinq heures. Sauf que...
Apres les premiers 500 m, on gambait tous comme des gazelles.
Apres le premier km, j'ai commence a voir quelques nausees et le guide m'a conseille de ralentir le rythme. Je me demandais deja si c'etait une si bonne idee.
Au deuxieme km je ne me sentais franchement pas bien et je realisais, a mon grand desespoir, que j'ai le mal de l'altitude.
Avant le troisieme km je me forcais a manger un sandwich degueulasse qui signait, sans que je le sache alors, mon arret de mort.
Un peu avant la moitie du parcours, je m'etais deja fait attribuer le surnom de "la fille qui vomit".
Au bout de quatre km, pliee en deux au-dessus d'une vue superbe je pleurais en disant a Louis que je voulais rentrer.
Au bout de 5 km, je m'asseyais a tous les trois pas pour calmer la nausee.
A 5.5km je maudissais Mathias en degobillant a cote d'une superbe plante carnivore.
A 5.8 km, je gemissais pour qu'on m'envoie un helicoptere.
A 6 km, je pleurais de joie, de froid, de fierte et de rage contre mon orgueil. Sous une pluie glacee, avec des vomissements intermittents et des nausees constantes, j'ai franchi les 6 km qui separait le bas du mont Kinabalu et Laban Rata, le refuge a 3272m, en sept heures. C'etait horrible, douloureux et je ne le referais jamais, mais j'avoue avoir eprouvee une fierte incroyable en arrivant au camp.

Apres un souper chaud et quelques thes pour me remettre du frois, nous sommes alles nous coucher a 20h00 parce que, pour les garcons, l'aventure n'etait pas terminee. A 2h00 du matin, je me suis levee avec Louis et Mathias pour les encourager dans cette deuxieme partie du parcours. Apres un dejeuner ultra matinal, je les ai laisse aller conquerir les 2.5 km qu'ils devaient gravir dans le roid polair et l'obscurite pour atteindre le sommet avant le lever du soleil... et je suis allee me recoucher.

Je me suis reveillee juste a temps pour voir l'aube rose se lever sur les montagnes alentours, plongeant le mont Kinabalu d'une douce lumiere glacee. Le paysage a couper le souffle et la tranquilite du moment valait la cruelle montee. Puis, vers 8h00, j'ai accueilli mes heros qui revenaient congeles de leur quete, me raportant de magnifiques photos (a venir promis) et quelques recits amusants (comme celui de Mathias tentant de se rechauffer en se roulant en boule contre un rocher). Un peu decuee de n'avoir pu atteindre le sommet (mais toujours prise de nausees sporadiques) j'etais pourtant bien heureuse d'avoir echappe au froid intense.

Et puis, apres un deuxieme dejeuner et une petite sieste, nous avons entame la descente qui devait me delivrer de mes malaises. J'ai litteralement gambader durant trois heures, profitant du retour de l'oxygene qui me redonnait de plus en plus de force a chaque metre que je descendais. J'ai pu profiter e la vue, de la compagnie des garcons et de l'adrenaline d'un effort physique soutenu.

Et les jours suivants... ils tenterent de se remettre de leurs emotions et eurent mal aux jambes!

Prochaine destination: Nous sommes presentement aux source thermales pas loin de la montagne. Retour a Kota Kinabalu bientot, puis vol vers Kuala Lumpur pour une derniere semaine en Malaisie avant d'aller conquerir le Vietnam.

dimanche 11 octobre 2009

Gunung Mulu National Park

A la descente de l'avion, nous nous sommes fait accueillir par un taux d'humidite rendant l'air irrespirable. Sur cinq jours, il est tombe trois bonnes pluies bien solides, dont deux lorsque nous etions dehors (une sans impermeables). Nous avons fait deux treks avec un guide execrable. Les activites que l'on voulait faire ont ete annulees les unes apres les autres (meteo et manque de guide). Notre chambre etait miteuse et la douche consistait en un robinet a la hauteur de mon nombril. La bouffe etait trois fois plus chere que partout ailleurs au pays. Nos vetements ont fini par sentir tellement mauvais qu'on hesitait a parler aux autres voyageurs tellement ont puait. On a mange assez de sachet de nouilles seches pour s'ecoeurer completement pour dix ans.

Et... on a eu du plaisir!

On a vu cinq cavernes encore plus fabuleuses que celles de Niah. On a marche sur des passerelles suspendues a trente metres au-dessus du sol. On s'est baigne dans une riviere glacee sous un soleil magnifique. On a chante sous la plui. On a eu de la difficulte a dormir a cause du chant des grenouilles qui etait trop fort (enfin surtout moi... Louis ronflait!). On a vu le plus petit ecureuil du monde, des papillons enormes, des insectes qui ressembles a des feuilles, a des insectes ou... a des insectes, deux iguanes verts eclatants, des grenouilles, des oiseaux, des fleurs, des champignons et j'en passe. On a appris quelques rudiments de la survie dans la jungle avec une guide super. On a pris des tas de photos de bestioles (mouahaha, vous allez souffrir a notre retour!). On a rit en regardant un documentaire sur les chauves-souris qui datait de l'annee de ma naissance. On a rencontre des parisiens sympathiques. On a reussi a ne pas defoncer notre budget. On a joue aux des a la lampe de poche (l'electricite ne fonctionnant qu'entre 18h00 et 21h30).

Bref... on va se souvenir de Mulu!

Prochaine destination: D'abord, quelques jours a Kota Kinabalu, capitale de la province de Sabah pour faire de la lessive, faire quelques courses et decouvrir la ville. Ensuite, encore des parcs nationaux!

vendredi 2 octobre 2009

Voyage au centre de la terre

** Tout d'abord, je tiens a vous rassurer, chers lecteurs. Nous ne sommes ni dans le tsunami indonesien, ni dans le typhon vietnamien. Borneo nous offre une temperature plutot clemente, avec un peu de pluie legere le soir, sans plus. Nous sommes en train de penser a changer nos plans pour le mois prochain si le Vietnam ne se calme pas.**


Entre deux parcs nationaux, j'en profite pour raconter un peu de nos aventures borneaises. Nous sommes de retour de Niah caves, un petit, mais combien grandiose, parc national. Comme son nom le suggere, Niah est repute pour ses cavernes. Et quelles cavernes! Durant plus de quatre heures, nous avons traverse des voutes rocheuses gigantesques, decorees de stalagtites imposants et de peintures datant d'au moins 1200 ans, peuplees par les chauves-souris, les swiflets (petits oiseaux qui se deplacent avec un systeme d'echo location comme les chauves-souris) et les ramasseurs de guano et de nids d'oiseau (equivalent du caviar pour le Chinois... a consommer en souper.)

La plus grande grotte ouve une gueule immense (60 m de haut et 250 m de large) sur une jungle animee, offrant un potentiel photographique evident dont nous n'avons pu profiter puisque notre appareil a rendu l'ame il y a quelques jours. Nous nous sommes contentes d'admirer le spectacle et avons profite du calme de l'endroit.

Puis, nous nous sommes enfonces dans d'autres cavernes qui nous ont donne l'impression d'etre dans un roman de Jules Verne. L'obscurite humide et fraiche, l'echo de nos voix contre la paroi rocheuse, l'odeur du guano et le cri des chauves-souris reveillees par notre lampe de poche, tout y etait pour donner un frisson.

Nous avons finalement abouti sur une caverne offrant des peintures a l'hetatite rouge et une paix difficile a egaler. Nous nous y sommes reposes de longues minutes, bien pres d'une Histoire pourtant tres lointaine.

Et nous voila prets pour de nouvelles aventures!

Prochaine destination: Lambir Hill, parc national qui devrait cacher de belles chutes et quelques treks interessants, puis vol vers Gunung Mulu, l'un des parcs les plus reputes de Borneo ou nous verrons d'autres cavernes (avec un guide cette fois) et ferons une promenade dans la cime des arbres.

dimanche 27 septembre 2009

Histoires de singe

Borneo, terre fertile pour le National Geographic, ile qui fait rever les passionnes de trekking, les mordus de botaniques, les obsedes des insectes et des animaux. Avec presque autant de parcs nationaux que de ville, Borneo a effectivement de quoi faire rever ceux qui aiment la nature. En arrivant au centre d'information touristique, nous nous sommes fait inonder par les propositions d'aventures natures en tout genre. Sanctuaire de tortues, montagnes, rivieres, iles, centre de rehabilitation des orangs outans, etc. C'est vers ce dernier que nous nous sommes d'abord dirige.

Sincerement, nous nous attendions a voir un, peut-etre deux orangs outans tres loin dans les arbres. Quelle ne fut pas notre surprise d'apercevoir, des notre arrivee au centre de rehabilitation, un orang outan ENORME qui sortait de la jungle et avancait vers les touristes afin d'atteindre l'aire de repas. Et ce n'etait que le debut... Nous avons vu de tres pres une dizaine de ces singes magnifiques et si agiles venus de la jungle pour prendre quelques uns des fruits que les rangers avaient places la pour eux. Il s'agit en fait d'orangs outans qui on ete sauves de braconier qui voulait les tuer et qui vive maintenant dans la jungle, mais qui sont proteges et un peu nourri par le parc national afin de les aider a retrouver leur pleine independance. Experience incroyable que de voir ces betes se balancer d'arbres en arbres juste au-dessus de nous.

Nous avons ensuite choisi le parc national Bako, repute pour sa vie sauvage facile a observer et ces pistes de trek interessante. Nous y avons passe deux jours et avons pu y observer quelques merveilles de Borneo. D'abord, les singes proboscis, bestiole caricaturale et plutot grosse au nez proeminent, aux fesses lisses et aux bonds peu gracieux. Nous avons pu en observer une grande quantite, surtout le matin, lorsque nous nous sommes leves a 5h30 pour pouvoir assister a leur dejeuner dans les arbres. Puis, nous avons vu des cochons sauvages, un lemur volant, des grenouilles, des papillons, des oiseaux, une vipere verte (3e bestiole plus venimeuse de Borneo)... juste a cote de notre chalet, des crabes rouges, des poissons chats et... des macaques.

Je hais, je deteste, j'execre les macaques! Ils sont mignons et rigolos, je vous le concede, mais ils sont surtout vicieux, trop gourmands et souvent agressifs. Il y en avait plein autour de la cantine du parc et ils ne se genaient pas pour venir piquer de la nourriture directement dans les assiettes des randonneurs. En voulant aller se promener dans les mangroves, je me suis retrouvee entouree par ces sales betes et lorsque j'ai voulu leur faire peur en crachant (comme on fait pour les chats), je me suis fait agripper la main par l'un de ces petits cons. Je n'ai eu ni blessure serieuse ni douleur autre que momentanee, mais j'ai eu la peur de ma vie et j'ai ensuite developper une peur phobique de ces primates stupides. Conclusion: j'ai fait une folle de moi a chaque fois qu'il y en avait un dans les environs, c'est-a-dire tres souvent... Mais bon, je prefere me ridiculiser et ne plus me refaire toucher par ces detestables macaques que de rester a leur portee lorsque j'en vois.

Par chance, la jungle contient plus de beautes que de desagrement et je me dis qu'une fois ma peur des macaques controlees, je n'aurai plus peur de grand chose! Ne vous inquietez pas... je resterai bien prudente!

Prochaine destination: De Kuching, nous partons demain pour Sibu vers ou nous irons peut-etre nous promener sur la riviere Rejang, l'une des beautes de Borneo.

dimanche 20 septembre 2009

S'envoyer en l'air et autres faits divers

En quête d'un cadeau original pour notre anniversaire de mariage au bout du monde, Louis et moi sommes tombés d'accord pour s'offrir mutuellement une expérience unique, impossible à vivre à Montréal. Pas facile de trouver quelque chose d'extraordinaire lorsque le quotidien est loin d'être ordinaire depuis trois mois... C'est sur la plage de Batu Ferringhi, sur l'île de Penang (en Malaisie pour ceux qui ne suivraient pas) que nous avons trouvé le cadeau parfait. Quoi de mieux que de s'envoyer en l'air... au-dessus de la mer pour célébrer en grand notre deuxième anniversaire? La proposition faite, il n'en fallait pas plus pour nous faire enfiler le harnais, tendre les cordages et faire lever la toile. C'est donc sous un ciel ensolleilé, au-dessus d'une mer majestueuse que nous nous sommes envolés en parasailing (parachute tiré par un bateau), expérience inoubliable et infiniment relaxante. Loin du rush d'adrénaline du parachute, le parasailing permet de regarder la vue tranquillement, de se balancer à quelques mètres au-dessus des vagues et d'atterrir, tout en douceur, sur une plage de sable blond.
Bon anniversaire mon chum!

Pour rester dans les célébrations, soulignons la fin du Ramadan (YÉ!!) et le début des festivités de l'Hari Raya. Enfin, tous les musulmans peuvent se bourrer la face toute la journée, fumer comme des cheminées et forniquer quand bon leur semble. En plus de souligner la fin de ce jeûne religieux, le Hari Raya célèbre la nouvelle année qui débute. Les festivités ressemblent beaucoup à notre Noël avec sucreries, cadeaux, grosses bouffes et réunions familiales. Pour les touristes que nous sommes, ça veut surtout dire beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens dans les rues de Kuala Lumpur, des transports un peu plus engorgés et un esprit de fête bien sympathique!

Fait saillant: la première journée du Hari Raya (qui dure 3 ou 4 jours), tout le monde va magasiner afin d'avoir des vêtements neufs pour la nouvelle année. Je vous laisse imaginer les centres commerciaux...


Selamat Hari Raya et à bientôt!

mardi 15 septembre 2009

Miam!

Voyager en Malaisie, c'est ouvrir ses yeux sur les beautés naturelles qui vous entourent à tout moment, c'est ouvrir son esprit aux différentes cultures qui cohabitent, mais c'est aussi (et peut-être même surtout) offrir à son palais une délectable expérience sensorielle. Vous me connaissez probablement tous bien assez pour savoir que je suis une gourmande invétérée, toujours à la recherche de nouveaux goûts, de nouvelles épices, de nouveaux délices. Et bien, en Malaisie, je suis plus que servie! Ici, la nourriture est presque élevée au rang de religion.

Bien que, sur la côte Est, le Ramadan nous ait donné un peu de fil à retordre durant le jour, c'est finalement une bénédiction culinaire que d'être arrivés dans ce pays à cette période de l'année. Partout, vers 16h00, poussent des stands et des marchés ambulants qui vendent des plats qui rivalisent tous en odeurs et en saveur. Les quartiers chinois offrent des nouilles frites, des riz au poulet, des rouleaux de printemps et tout ce qu'un wok peut faire sauter ou frire. De leur côté, les Malais sortent les desserts à la noix de coco, au fruit de la passion, à l'ananas ou à la banane, les jus de fruits frais pressés, les rotis canais (une mince crêpe farcies de lentilles ou de poulet bien épicé), les popiah (version locale des rouleaux de printemps) et les riz parfumés admirablement. Mais ce qui est vraiment la quintessence du bonheur pour la gourmande que je suis, ce sont les Indiens qui nous délectent de leurs samosas chauds et tendres, de leur poulet masala, au beurre ou tadoori bien riches et épicés, de leurs pains nans ruisselants de beurre, de leurs plats végétariens variés et de leur thé allongé au lait condensé, nommé thé tarik.

C'est donc vers 16h00 que musulmans et autres se rassemblent pour faire les courses pour le souper faisant vibrer les quartiers d'activités et les remplissant de parfums délectables. Et lorsque le soleil se couche, vers 19h00, c'est dans un grand soupire de soulagement collectif que les musulmans se ruent sur leurs achats afin de reprendre le temps perdu durant la période d'ensoleillement. Et nous, nous nous faisons un plaisir de les accompagner, choisissant dans les stands des plats fumants à partager dans cette ambiance festive. Chaque jour amène sa nouvelle découverte culinaire et rend l'heure des repas une expérience culturelle en tant que telle.

Gourmands du monde entier, la Malaisie est un must pour goûter la diversité!

Bon appétit!

mercredi 9 septembre 2009

Bonheurs

Lorsque au détour d'un chemin dans la jungle je croise un lézard monitor gigantesque qui se promène paresseusement... Lorsque je suis entourée du cris des singes et du chant de mille oiseaux dont je ne connais pas le nom... Lorsque je prends le temps de m'attarder au parcours d'une liane ou à la couleur d'un scarabé... je me dis que j'ai de la chance.

Lorsque je sors de ma hutte tout près de la plage et que le soleil est éclatant... Lorsque j'enfile mes palmes, mon tuba et mon masque et que je plonge dans l'eau turquoise... Lorsque je découvre, à quelques mètres de la plage, des récifs de coraux dignes des reportages de National Geographic... je me dis que je suis privilégiée.

Lorsque je me retrouve sur une plage de la Malaisie à trois heures du matin à attendre patiemment couchée dans le sable... Lorsque j'ai la chance de voir une tortue énorme pondre ses oeufs... Lorsque une heure plus tard la tortue marche paresseusement vers les vagues teintées d'algues fluorescentes...je me dis que je n'échangerais pas ma vie avec qui que ce soit.

J'ai hâte de voir ce que la Malaisie me réserve encore!